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Les Intermittents de la Pensée

LES BALISES DE BASILE :
« Troisièmes Rencontres Internationales des Intermittents de la Pensée »
le 26 juin 2006

 

Un mot d’introduction — et non de réintroduction, puisque ce vocable est désormais réservé aux ours.

Merci d’être présents à ces 3èmes Rencontres internationales des Intermittents de la Pensée, parce que vous le valez bien !

Rappelons que, chaque année ces rencontres véhiculent une idée forte : l’an dernier, c’était le lancement de la campagne Raffarin 2020. Sur le coup, cette initiative était apparue absurde à certains d’entre vous… Eh bien, chacun a pu se rendre compte depuis qu’il y avait autrement plus absurde !

     

D’ailleurs, nous prenons actuellement des contacts pour la création d’un Comité Villepin 3020 et les premiers d’entre vous à s’inscrire auront auront les meilleurs chances de chooper le ministère de la Culture — ou pour les hétéros, le ministère de la Guerre !

     

En attendant ce soir, le thème de ces 3èmes Rencontres, c’est la création du Collectif de lutte « On peut pas lutter ». Ceux d’entre vous qui savent lire s’en étaient déjà rendu compte en voyant mon T-shirt !

Et là encore on m’a dit : « C’est absurde : contre quoi on peut pas lutter ? »

     

Eh bien je vais vous l’expliquer :
Quand Sarko veut renationaliser et Ségo veut resécuriser, je me dis : on peut pas lutter !

Quand j’imagine Paris totalement désert, demain soir, à cause d’un match du niveau de la Division d’honneur(1), je me dis : on peut pas lutter !

Quand j’entends dire que Pascale Clarke est insolente, voire politiquement incorrecte, je me dis : on peut pas lutter !

Quand je vois les abominables frères Dardenne primés deux fois à Cannes, je me dis : on peut pas lutter !

Quand je vois que les New York Dolls, après 30 ans de réflexion, ont donné pour titre à leur nouvel album la fameuse phrase de Virgile « Forsan et haec olim meminisse juvabit »  (« Peut-être trouverons-nous un jour du plaisir à nous rappeler même ça ! »), je me dis : on peut pas lutter !

Quand je pense que c’est Laurent Fabius qui incarne aujourd’hui la gauche de la gauche, je me dis : on peut pas lutter !

Quand je lis sous la plume de Christine Angot : « La vie des écrivains, c’est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi », je me dis : on peut pas lutter !

Quand je lis sous la plume de George Orwell, traduit par Simon Leys, « Ceux qui prennent l’épée périssent par l’épée, mais ceux qui ne prennent pas l’épée périssent de maladies nauséabondes », je me dis : on peut pas lutter !

Quand je compare les ventes de George Orwell et de Madame Angot, je me dis : on peut pas lutter !

Quand je vois que Jacques Chirac a choisi de s’exprimer sur France 2 précisément ce soir, alors que les IIIèmes Rencontres des intermittents de la Pensée sont annoncées depuis longtemps et qu’on a le même public, je me dis : on peut pas lutter !

 

Et j’en ai terminé car comme disait Voltaire : « Le secret d’ennuyer, c’est de tout dire » et en plus c’est dangereux, comme disait Oscar Wilde : « Donnez-moi un masque et je vous dirai la vérité ». En attendant, je ne saurais conclure mieux qu’en citant mon ami Jean-Luc Godard : « Si vous avez compris ce que j’ai dit, c’est sans doute que je me suis mal exprimé ». Merci de votre compréhension. (Rumeurs d’approbation) Repos ! Vous pouvez fumer. (Standing ovation)

(1) France –Espagne, mardi  27 juin 2006

 

 

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