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Voilà pourquoi, chez les Barjot-De Koch, on adore les dentistes
Les lecteurs de nos ouvrages de référence « J'élève mon mari » et "J'éduque mes parents" (ed. Lattès) (NDLR : pastiches de Françoise Dolto et/ou Régine Pernoud) savent que j'ai trois enfants dont un mari : Bastien et Constance ont respectivement sept et quatre ans, Basile de Koch, thuit ans. En ce moment les trois en sont au même stade : ils perdent des dents.
Leur comportement présente un point commun : me demander des sous, les deux plus petits pour que la souris passe sous l'oreiller et le plus grand pour éviter de les faire fuir (les souris, pas les oreillers). Avec ce dernier c'est plus délicat que pour les "nains", car à la différence des enfants, ses dents à lui ne repoussent pas. Une prise en charge psychologique est donc indispensable pour ne pas le voir sombrer dans une dépression majeure. Pour lui remonter le moral tout en le conduisant chez le bon Dr Bresson, j'ai recours à des techniques éprouvées et exclusivement féminines : promesse de cinéma en amoureux, de dîner fins au restaurant, et plus si affinités, . ou encore de barre de Bounty molle (marche aussi très bien sur les petits). En vrai, le plus grave en matière de dentures, c'est la fêlure narcissique inhérente car toute construction egotique commence dans la bouche. Si, si, demandez à mon dentiste !
Je suis bien sûre très douée pour emmener les autres consulter, mais quand c'est à moi, il n'y a plus personne. Je tergiverse, annule dix fois de suite, pour finir par supplier, terrassée par la rage de dents : « Docteur, prenez-moi tout de suite !». Oui, je sais, une telle déclaration peut choquer mais le rapport dentiste-patient est toujours charnel, pour ne pas dire sado-masochiste (rapport aux hurlements de la fraise et du patient). Je tiens à cet égard à saluer notre praticien, le sémillant Dr Bresson, qui l'est toujours avec la famille Barjot-de Koch !
J'ai mes raisons pour être aussi réticente, mes premières relations avec les dentistes ne furent pas très bonnes. Pourtant, à 13 ans, mes parents m'avaient offert une trentaine de bagues en. acier à visser sur mes dents (lesquelles me sortaient tout de même de la bouche à l'horizontale !) Déjà que je me trouvais moche .. Là, j'étais devenue Jaws, l'acné en plus. Vous savez, le méchant de James Bond qui ressuscite à chaque épisode. Bilan, j'ai définitivement arrêter de de sourire pendant un an et demi, ce qui a fini de me transformer en ado ingrate et butée. Et puis ça faisait un mal de chien, ces garnitures d'un autre âge.Mes parents ont donc dû gérer un nombre incroyable de prothèses perdues ou mangées, distraction enfantine ou acte manqué, allez savoir. On a même retrouvé un des appareils dentaires de mon frère dans la gamelle du chien. Un caramel était collé sur l'appareil posé Dieu sait où et Raki (notre Teckel omnivore) s'est jeté dessus avec délice ! Je me console de cette mauvaise passe en me disant que mieux vaut se faire redresser les dents à treize ans qu'à cinquante, comme Isabelle Adjani. Surtout quand on n'est que Frigide Barjot.
(Enfin, quand on passe dans les medias, ce n'est pas le dentiste qui coûte le plus cher, mais ce qui va avec. le sourire standardisé étincelant de blancheur ne s'apprécie vraiment que dans un visage éternellement bronzé, liposuccé et défroissé au Botox, le tout accompagné de sa coiffure impeccable et de sa garde-robe hors de prix !)
Alors, aujourd'hui, j'embrasse à pleines dents tou(te)s nos ami(e)s chirugiens-plastico-ortho-dentistes, en les remerciant du fond du cour d'exister, et surtout du résultat !
PS : Mon mari Basile me signale que lui aussi adore les dentistes. La preuve , son dernier ouvrage, "L'Histoire de France de Cro-Magnon à Jacques Chirac" (Ed. La Table Ronde) fait un malheur dans toutes les bonnes salles d'attente bucco-dentaires. (Décrispation zygomatique assurée).
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